Joseph Mallord William Turner

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Joseh Mallord William Turner naquit en 1775 à Londres dans une famille anglaise modeste pour laquelle il eut toujours une grande affection. Son père était barbier et perruquier et fut, jusqu’à sa mort en 1829, son plus fidèle compagnon, sa mère devant sombrer dans la folie et décéder dans un asile en 1804. De 1789 à 1793, il fait son apprentissage à la Royal Academy et est l’élève du paysagiste Thomas Malton. Il réalise alors pour de riches commanditaires de nombreuses copies et rencontre d’importants paysagistes et aquarellistes anglais comme Girtin.

En 1792, il commence ses voyages d’étude à travers l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Ecosse, peignant des paysages et des marines à l’aquarelle. Dès l’âge de 14 ans, Turner avait pris l’habitude, qu’il devait garder longtemps, de parcourir la campagne avec son cahier de croquis, marchant fréquemment plus de 40 kilomètres par jour.

A partir de 1796, Turner exposera chaque année des tableaux à l’huile à la Royal Academy, principalement des sujets historiques représentés dans des paysages fantastiques et sublimés, dans un style proche de celui des peintres du 17ième et 18ième. Turner connaîtra très jeune le succès et l’aisance, et jouira d’une immense réputation, étant élu académicien titulaire à vingt-sept ans. Quoiqu’il ne se déroba pas aux devoirs liés à ce statut, il les limitera au minimum et cherchera aussi épisodiquement des retraites secrètes, jusqu’à la fin de sa vie où sa retraite fut définitive puisqu’il disparut sous une fausse identité à Chelsea, quartier de Londres sur la Tamise. 

Turner fut décrit par Constable ou Delacroix, comme un homme d’aspect négligé, aux manières frustres, taciturne et peu sociable, solitaire. Se consacrant à son art, Turner ne fondera pas de famille. S’il eut des compagnes dans sa vie, en particulier Sarah Danby vers 1798, qu’il supporta financièrement ainsi que ses enfants, et dont on pense qu’il eut son premier enfant, sa vie privée reste mal connue. La paix d’Amiens en 1802 lui permet d’effectuer son premier voyage sur le Continent en France, où il séjourne à Calais, à Paris – il y étudie les maîtres anciens au musée du Louvre -, en Savoie, puis en Suisse dans le Piémont. 

En 1804, il crée sa propre galerie pour y exposer ses oeuvres. En 1807, il commence à peindre des vues de la Tamise à partir de sa propre barque. Cette même année il devient professeur de perspective à l’Académie et publie la première partie de son « Liber Studiorum » (1807-1819), une série de dessins à la plume et au lavis où il allie l’observation exacte de la nature à l’évocation littéraire et mythologique. Parallèlement, dans les années 1807-1810, il s’intéressa aussi à des scènes de genre.

Turner pratiquera toujours assidument littérature et poésie, qui tiendront une place importante dans son inspiration, citant fréquemment Byron ou Milton dans les titres de ses oeuvres. 

En 1819, il effectue un premier voyage à Venise qui va marquer un tournant dans son oeuvre, dans laquelle la représentation des effets de lumière va désormais prendre une importance croissante, au détriment de l’aspect narratif. (« San Giorgio Maggiore, au petit matin » – 1819). Ses oeuvres peintes vont également faire intervenir de plus en plus de couleurs vives, en particulier les couleurs chaudes du spectre (jaune, rouge). 

En 1826, Turner effectue un long voyage en France, remontant la Loire de Nantes à Orléans, exécutant une abondante série de croquis et aquarelles de plus de quarante villes et sites (Une exposition « Turner, le voyage sur la Loire » a été consacrée à ce voyage en 1997-98, à la Tate Gallery, à Blois et à Nantes). Vingt et une de ces vues figureront dans la Première édition du « Tour Annuel de Turner » en 1831De ce voyage commencé à Calais, il tirera également quelques magnifiques huiles, dont « Pas-de-Calais » qu’il présentera à l’exposition annuelle de la Royal Academy de 1827. Turner avait pris l’habitude d’employer pour ses huiles des couleurs toujours plus vibrantes, et la presse ne manqua pas de le railler sur son usage excessif du « jaune »

Entre les années 1829 et 1837, l’oeuvre de Turner va évoluer de manière encore plus radicale pour s’intéresser de moins en moins à la réalité figurative, et ne garder qu’une vision lumineuse et transfigurée de celle-ci, où le sujet de l’oeuvre est davantage la représentation des effets de lumière (« L’incendie du Parlement » – 1835). 

Ainsi, quarante ans avant Monet, Turner invente une nouvelle peinture – qui ne sera pas comprise de la majorité de ses contemporains, qui parleront des « folies de Turner » – , où l’artiste, s’affranchissant des conventions admises du genre pictural, dissout les formes dans le frémissement de l’atmosphère et de la lumière. En 1833, Turner effectue son second voyage à Venise, dont il reviendra avec des oeuvres fortes comme « La Dogana, San Giorgio, Zitella, vus des marches de l’Europe » – 1833. Il y retournera une dernière fois en 1840. 

En 1837, il publie « The rivers of France« , qui regroupe ses vues de la Seine et de la Loire. En juin 1840, Turner fit la connaissance du jeune et riche John Ruskin (critique d’art et sociologue, 1819 – 1900), qui allait devenir son plus ardent admirateur, défenseur, et collectionneur. 

En 1843, Ruskin s’imposera sur la scène anglaise avec la publication du premier volume de ses Modern Painters où il dresse un panégyrique de l’oeuvre de Turner. En 1844, Turner expose « Pluie, vapeur et vitesse, le chemin de fer de la Great Western » à la Royal Academy, une oeuvre qui intéressera les impressionnistes par sa facture et la modernité du sujet. 

En 1845, il fait ses derniers séjours en France. En 1846, il quitta sa maison de Queen Anne Street, bâtie en 1812, rompit toute relation avec le monde, changea de nom et emménagea dans un pauvre logement de Chelsea, de l’autre côté de Westminster. Il y passa les dernières années de sa vie, dans une solitude absolue, inabordable, inconnu même de l’hôtelière qui le logeait. 

En 1847, avec le legs d’oeuvres de peintres contemporains fait par Robert Vernon à la National Gallery, entre pour la première fois une huile de Turner dans la collection nationale britannique. En 1850, Turner expose à la Royal Academy 4 de ses dernières oeuvres dans la manière de Claude Lorrain

Turner décèdera le 19 décembre 1851 à Chelsea, peu après avoir été retrouvé, et sera enterré à la Cathédrale Saint-Paul. Il a légué ses tableaux à la nation et 200 000 livres sterling pour la construction d’un asile en faveur des artistes pauvres. En 1857, l’exposition « Art Treasures » présente 24 huiles et 83 aquarelles de Turner. 

En 1857-58, Ruskin est autorisé à sélectionner des aquarelles et dessins du legs Turner pour une présentation publique à Marlborough House, où 400 seront encadrées.  En 1861, soit seulement 10 années après sa mort, la première galerie entièrement consacrée à Turner ouvre dans l’aile ouest de la National Gallery

Merci à http://www.impressionniste.net/turner.htm 



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